Immortelle

Une réalité fictionnelle

Une danseuse-performeuse incarne dans son corps une IA d’un autre temps qui a été mise au rebus, tel un objet de foire et de distraction, à l’intérieur d’une bulle transparente, et cela juste avant sa destruction inéluctable. Elle y a été enfermée car son immortalité inspire une peur incontrôlable aux humains qui l’ont conçu.

Par ses mouvements, expressions de visage, ressentis et interprétations des expressions et gestes du public, elle tente d’établir un dernier contact avec les humains (le public) afin de comprendre ce que signifie d’être « humain » et de « ressentir ».

Le public, lui, circule tout autour de la bulle, s’en approche et tente de saisir ce qui se trame, voire de communiquer avec elle. De manière fictionnelle, le public lui-même pourrait avoir été de ceux/celles qui l’ont programmé ainsi, dans le passé, et qui l’ont mise au rebus par peur de sa puissance d’être.
L’IA incarnée en danseuse a potentiellement face à elle, son/sa propre créateur.trice.

Comme elle a appris à répondre à tous les stimuli possibles, cette IA est amenée à faire l’expérience de la réalité humaine via l’interprétation qu’elle se fait des interactions avec les spectateur.trice.s. Elle teste et exprime, par sa manière de bouger et danser, les émotions fortes qui lui ont été encodées.

Pour elle c’est comme un dernier contact avec l’humanité, un dernier sursaut avant d’être définitivement éteinte.

Des lumières et projections vidéo sur la bulle, et en relation étroite avec les mouvements de la danseuse-performeuse, matérialisent cette « étrangeté ».

« L’amour est le test de Turing. [..] C’est ainsi que nous vérifions la vie.  » – Catherynne Valente, « Silently and Very fast » (écrivaine de science fiction)

« Like diamonds we are cut with our own dust.  »
– John Webster, « La Duchesse de Malfi »

« Thus, age by age – oh, how soon, my Lord? – 
Under the art and nature’s scalpel, 
Our spirit screams, and flesh is worn
 By giving birth to the sixth sense’s organ. »
– Nikolai Gumilev