Création 2023  dossier

Une réalité frictionnelle
Une fiction post-humaine
Une performance en installation interactive

Une créature, sorte de cyborg revenue d’un temps futur et d’apparence humaine, est l’incarnation d’une IA (Intelligence Artificielle), qui a été mise au rebus, tel un objet de foire et de distraction, à l’intérieur d’une bulle de protection transparente, et cela juste avant que ne survienne sa destruction inéluctable.

Par ses états de corps, ses mouvements, ses expressions de visage, ses ressentis et interprétations des expressions et gestes du public, elle tente d’établir un dernier contact avec les humains (le public) afin de comprendre ce que signifie d’être « humain » et de « ressentir ».

Le public, lui, circule librement tout autour de la bulle, s’en approche et tente de saisir ce qui se trame, voire essaye de communiquer avec elle. De manière fictionnelle, le public lui-même pourrait avoir été de ceux/celles qui l’ont programmé ainsi, dans le passé, et qui l’ont mise au rebus par peur de sa puissance d’être.
 L’IA incarnée en danseuse a potentiellement face à elle, son/sa propre créateur.trice.

Cette créature, spécimen humanoïde aux algorithmes internes très sophistiqués, ayant appris à répondre à tous les stimuli possibles, est amenée à faire l’expérience de la réalité humaine via l’interprétation qu’elle se fait des interactions avec les spectateur.trice.s. Elle teste et exprime, par sa manière de bouger et danser, les subtiles émotions humaines qui ont été encodées en elle.

C’est pour elle un dernier contact avec l’humanité, un dernier sursaut d’existence avant d’être définitivement désactivée.

Des lumières, des sons et projections vidéo sur la bulle et en relation étroite avec les mouvements de la danseuse-performeuse matérialisent cette « étrangeté ».

Un dispositif de communication non verbale et à distance permet au public d’envoyer depuis l’extérieur des signaux perçus physiquement par le.la performeuse.eur, laquelle.lequel y répond à sa manière et selon l’interprétation qu’elle.il s’en fait. Rien en lui.elle ne s’active si le public est passif : sans stimulus elle.lui reste plongé.e dans un sommeil profond. Si le public est actif, elle.lui y répond.
Si plusieurs personnes s’activent en même temps, et selon un protocole commun, notre créature réagit de manière étrange et inattendue.
La scénographie devient un objet interactif intelligent.

L’envoi et la réception des signaux se fait par la vision réciproque des mouvements de la performeuse et du public participant, ainsi que par des échanges sonores et lumineux entre eux, via des capteurs haptiques.

Co création: Arnaud Courcelle, Jean-Marc Matos, Thomas Peyruse
Chorégraphie : Jean-Marc Matos
Performeuse danseuse : recherche en cours
Scénographie numérique : Arnaud Courcelle
Création lumières : Fabien Leprieult
Accompagnement technologique : Thomas Peyruse